K La Revue vient de publier un extrait du livre de Jonas Pardo et Samuel Delor, Petit manuel de lutte contre l’antisémitisme, ciblant spécifiquement les organisations juives antisionistes UJFP et Tsedek. Ces dernières sont accusées de séparer le bon grain de l’ivraie en s’octroyant le monopole de la condition de « bon juifs » de gauche et en disqualifiant par le qualificatif « sioniste de gauche » les « mauvais juifs » qui ne seraient pas alignés sur leurs positions – à savoir, Golem, cofondé par Jonas Pardo, le RAAR et les JJR. L’accusation mérite d’être examinée à double titre.
Tout d’abord parce qu’elle est mensongère : le bloc juif décolonial ne s’est jamais livré à une catégorisation séparant les soi-disant « bon juifs » des « mauvais ». Ensuite parce que les catégories politiques du sionisme, de l’antisionisme et du sionisme de gauche sont trop importantes pour être manipulées à la légère. Elles doivent au contraire être conceptualisées, ce à quoi s’attèlent l’UJFP depuis des années, et plus récemment Tsedek, ainsi que Maxime Benatouil.
Celui-ci est l’auteur du texte qu’on pourra lire ici, extrait du chapitre « De gauche, antiraciste et sioniste ? Pour en finir avec une contradiction qui persiste », qui figure dans l’ouvrage collectif récemment paru aux éditions La Fabrique : Contre l’antisémitisme et ses instrumentalisations.
La sidération devant l’ampleur des violences auxquelles a été confrontée la population israélienne a rapidement cédé la place à son instrumentalisation par Tel Aviv. En qualifiant l’attaque du 7 octobre 2023 de « pire acte de violence antisémite depuis l’Holocauste[1] », Netanyahou sécurise un cadre d’interprétation légitime des événements qui exclut la question palestinienne derrière des barbelés infranchissables.
Ce narratif est ensuite repris par la plupart des chancelleries occidentales,…
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