Un mois après le passage de Chido, dans quelles conditions les enseignants et les élèves de Mayotte pourront-ils reprendre le chemin de l’école ? Dans le plus jeune département de France, si les infrastructures ont été dévastées par le cyclone, le système éducatif souffrait déjà de difficultés structurelles, peinant à accueillir tous les élèves.
Avec le cyclone Chido, l’ensemble de la population française est alerté par la situation dramatique de l’un des départements du territoire national : Mayotte. Dans les multiples discours, il est question de reconstruire l’île et les services publics, notamment en ce qui concerne le système éducatif. On parle comme s’il fallait restaurer à l’identique des infrastructures et dispositifs mis à mal par cette catastrophe naturelle.
Or, notamment en ce qui concerne la scolarisation, les difficultés sont plus anciennes et systémiques : il ne s’agit pas tant de reconstruire que de construire…
En 2023, une équipe de chercheurs l’Université Paris Nanterre a établi plusieurs estimations du nombre d’enfants non scolarisés à Mayotte entre 3 ans et 15 ans révolus. Les résultats de l’étude convergent vers, a minima, 5 379 à 9 575 enfants non scolarisés, dont 500 enfants en situation de handicap. Le manque d’infrastructures et de personnel enseignant est l’une des principales raisons de cette situation.
Bien que les communes aient la responsabilité d’établir la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire résidant sur leur territoire, ce devoir n’est pas systématiquement respecté. Dans certaines mairies, des familles se heurtent au refus de réception du dossier d’inscription scolaire de leur enfant.
La scolarisation avant Chido : une situation exceptionnelle et dérogatoire
De surcroît, même si les enfants sont officiellement scolarisés, ils le sont dans des conditions très différentes de celles que connaissent les enfants vivant…
Auteur: Gilles Séraphin, Professeur des universités en sciences de l’éducation et de la formation, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

