Après l'empreinte carbone, voici l'empreinte plastique

Le bilan carbone n’est pas le bon outil pour évaluer la pollution des objets en plastique. C’est ce que défendent des chercheuses françaises de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) qui viennent d’élaborer un nouvel indicateur : l’« empreinte plastique particulaire » (EPP).

Leur objectif : comptabiliser l’invisible, à savoir la fragmentation lente et inéluctable du plastique en micro et nanoparticules persistantes, dont la dangerosité pour le vivant est documentée par des milliers de publications scientifiques. « On sait tous aujourd’hui que ce plastique qu’on ne voit pas et qu’on retrouve partout, dans nos cerveaux, dans notre sang… est dangereux. Mais faute d’outils, ce n’est toujours pas pris en compte dans les stratégies politiques », explique Nathalie Gontard, directrice de recherche, professeure, sciences de l’aliment et de l’emballage à l’Inrae, interrogée par Reporterre.


Reporterre — Vous venez de créer un nouvel indicateur, l’EPP, pour empreinte plastique particulaire. Pourquoi ?

Nathalie Gontard — Aujourd’hui, quand on veut quantifier les impacts environnementaux du plastique, on ne prend pas en compte la dangerosité singulière et particulière de cette matière. Or, le plastique a une capacité à se fragmenter sur un temps très long. Il va se transformer en micro et en nanoparticules qui vont persister sur des siècles, interagir avec le vivant et en perturber le bon fonctionnement.

Tout ça est déjà connu mais n’est pas pris en compte dans l’analyse de cycle de vie (ACV) des produits. Or, les stratégies de lutte contre le plastique s’appuient justement sur les ACV et sur leur indicateur boussole, qu’est l’empreinte carbone ou bilan carbone. Je ne dis pas que les émissions de CO2 ne sont pas dangereuses, mais ce n’est pas la principale dangerosité du plastique.

Avez-vous des exemples…

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Auteur: Fabienne Loiseau