C’est anachronique. Quelques jours après avoir combattu l’un des plus importants feux de forêt en Gironde, la préfète Sophie Brocas a donné son feu vert au projet de ferme-usine de saumons dans le département. Un projet vivement critiqué pour son impact sur l’environnement et le bien-être animal.
« Cette décision valide un modèle d’élevage intensif qui a des conséquences catastrophiques sur les animaux et l’environnement », fait savoir Sébastien Arsac, cofondateur de L214. L’association de défense des animaux va déposer avec neuf autres associations environnementales un recours auprès du tribunal administratif.
Le projet est porté par Pure Salmon, une entreprise détenue par un fonds d’investissement singapourien. Elle prévoit la construction au Verdon-sur-Mer, à la pointe du Médoc, d’une mégaferme capable de produire 10 000 tonnes de saumon par an.
Pour la préfecture, ce projet « répond à plusieurs enjeux d’intérêt général » : reconvertir une friche industrielle, créer 250 emplois directs et accroître la production dans l’Hexagone du poisson le plus consommé par les Français. Rappelons que la France figure parmi les plus gros consommateurs mondiaux de saumon par habitant, derrière Israël et la Suède. Le pays consomme en moyenne près de 230 000 tonnes de saumon par an, dont la quasi-totalité est importée.
L’industrialisation de la production de saumon
Le projet de Gironde est une exploitation aquacole terrestre en circuit fermé, aussi appelée RAS (Recirculating Aquaculture Systems). Le principe : les saumons sont élevés dans des bassins terrestres de leur naissance jusqu’à l’abattage.
Ces élevages se sont multipliés dans le monde à mesure que la consommation mondiale de saumon explosait. Les chiffres donnent le tournis. La production mondiale…
Auteur: Awenig Marié

