Valence (Espagne), reportage
Le jour se lève à peine à Valence, dans le sud-est de l’Espagne, que déjà des dizaines de personnes convergent vers la Rambleta. Ce centre culturel de la ville s’est transformé en quartier général pour les bénévoles. Chaque jour, ils y viennent par centaines afin d’organiser la distribution d’aides aux sinistrés des inondations, dont une partie se fera à vélo.
« Je suis un cycliste de route, mais là, je suis allé chercher mon vieux VTT pour le recycler », dit Carlos Torrealba. Avec un ami, ce quarantenaire se mobilise depuis plusieurs jours, en faisant des aller-retour quotidiens à vélo pour porter de l’aide aux sinistrés. « On va dans des endroits difficilement accessibles en voiture ou à pied en raison de la distance. Avec le vélo, on peut aller très vite et très loin, en plus de pouvoir répondre à des besoins très spécifiques », explique Carlos.
« Samedi, on a fait environ 100 kilomètres », dit fièrement son ami, Fernando Rodriguez. « On a apporté des médicaments, des gants, des masques. On a été plus rapides que les autorités. » Depuis plus d’une semaine, les autorités espagnoles sont sous le feu des critiques pour leur réponse apportée aux inondations meurtrières qui ont fait au moins 219 morts et 89 disparus, la grande majorité au sud de Valence. De nombreux sinistrés déplorent n’avoir reçu que très peu d’aide, voire aucune, de la part des autorités.
À la Rambleta, chacun vient avec son vélo, tant amateur que professionnel. La cargaison se fait comme on peut : sacs à dos, paniers à l’avant ou à l’arrière, sacoches, remorques de vélo pour enfants. L’une des personnes derrière cette initiative du transport à vélo est Juan Dual, que tout le monde connaît ici.
Lorsqu’il a vu les premières images des inondations, ce courreur et cycliste professionnel a décidé dès le lendemain de porter des sandwichs aux sinistrés…
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