Après les inondations meurtrières, la colère des sinistrés

Chiva, Paiporta, région de Valence (Espagne), reportage

« J’ai cru que mon heure était arrivée, je priais pour que mes enfants s’en sortent », tente de raconter en sanglots Inma, encore ébranlée par les événements. Cette mère de famille habite juste à côté de la rivière qui traverse la communauté de Chiva, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Valence. Un village qui s’est transformé mardi en véritable enfer.

« Au début, je ne m’inquiétais pas trop, dit-elle, puis j’ai vu l’eau monter minute après minute depuis la fenêtre de mon salon et j’ai vu une partie de la rue s’effondrer avec ma voiture dans la rivière. Là, j’ai compris que c’était grave. ».

Désemparée, en attente de consignes ou d’aides des autorités, elle décide de fuir, à pied, avec ses deux enfants et une voisine enceinte. « C’était comme un océan, je ne sais pas comment on a réussi à s’en sortir », dit-elle avant de s’effondrer en larmes. Une partie de la maison de son voisin, à flanc de la rivière, a été emportée par la puissance des eaux. « On a eu de la chance, on est des miraculés. »

Une année de pluie en quelques heures

Cette chance, tout le monde ne l’a pas eue. Le bilan, toujours provisoire, est extrêmement lourd. Au moins 217 morts et de nombreuses personnes qui manquent toujours à l’appel. À Chiva, une année de précipitations est tombée en seulement quelques heures. La rivière a tout emporté sur son passage. À chaque coin de rue du centre-ville, des paysages de fin de monde témoignent de la violence et de la puissance de la tragédie. Les dégâts sont immenses, à l’image de la colère des habitants.

Au bout de la rue d’Inma, un simple ruban de signalisation en plastique bloque l’accès à la rue qui s’est effondrée. « Ne passez pas là, je vous le dis, c’est dangereux », répète à chaque passant Mariá, du haut de sa fenêtre au deuxième étage.

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Auteur: Romain Chauvet

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