Socoa (Pyrénées-Atlantiques)
Les yeux baignés de larmes, Céline Maury regarde les silhouettes des oiseaux s’éloigner vers le large. En l’espace de quelques minutes les macareux moines, d’abord un peu étourdis et patauds, ont repris leurs aises sur l’océan et s’ébrouent pour mouiller leurs plumes tout en s’éloignant.
Pour la directrice capacitaire du centre de soin de la faune sauvage Hegalaldia, les émotions se mêlent. La fatigue accumulée ces dernières semaines où le centre a dû faire face à l’arrivée de plus d’un millier de macareux en cinq jours — du jamais-vu — se mélange à la joie de savoir ceux-ci en capacité de retrouver leur liberté, et à la fierté quand des spectateurs viennent la remercier pour l’immense travail abattu. « Ils ne sont déjà plus là, ils n’ont pas dit merci ! » plaisante-t-elle, le regard tourné vers l’océan.
Ce sont les tout premiers pensionnaires recueillis suite aux tempêtes à retrouver la liberté. D’autres suivront dans les prochains jours. La directrice explique : « Dès qu’ils sont prêts et que la météo le permet, on les lâche. Le but n’est pas de les garder plus que nécessaire. » 250 macareux remis sur pattes entre les murs de l’association devraient pouvoir rejoindre le large dans les semaines qui viennent.
Ce n’est pas la première fois que Hegalaldia doit faire face à une crise où des centaines d’oiseaux marins affluent ainsi. Mais dans un laps de temps aussi court, cela reste inédit. Également inédit, l’intérêt que le sort des macareux a suscité et la chaîne de solidarité qui s’est mise en place pour tenter de sauver ces oiseaux pélagiques affaiblis par les tempêtes successives et le manque des poissons dont ils se nourrissent.
Les réseaux sociaux sont devenus une caisse de résonance très efficace qui a donné un élan exceptionnel à la solidarité. Avec un revers à la médaille : certains comportements ou…
Auteur: Chloé Rébillard

