« Quand la police a cassé la porte dans le couloir avec les coups de bélier, ça m’a fait sursauter. Avant même de m’habiller, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est de prendre mes documents. » C’est depuis le local de rétention administrative de Bobigny, qu’Ousmane*, 26 ans, évoque l’expulsion d’un squat montreuillois qui a eu lieu le jeudi 23 mai, vers 6 heures du matin. Le lieu, inoccupé, était géré par l’association « En Gare ».
Sur le même sujet : L’expulsion du « En Gare » à Montreuil menace des sans-papiers
Ousmane en est membre et bénévole. Arrivé en France à l’âge de 3 ans, il a grandi à Montreuil. Il explique que depuis 2 ans, la préfecture n’exécute pas une ordonnance du tribunal administratif qui devrait lui permettre d’être régularisé. Au cours de l’expulsion, 11 personnes ont été placées en garde à vue et 9 sont ressorties avec des OQTF (obligation de quitter le territoire français) et des IRTF (interdiction de retour sur le territoire français), des mesures visant à éloigner du territoire français les étrangers en situation irrégulière et à les empêcher d’y revenir. Cela signifie concrètement qu’en cas de contrôle de police, elles pourront être menées directement en rétention en vue d’un retour forcé.
Le prénom a été changé.
C’est ce qui s’est passé pour Ousmane et Brehima*, 31 ans, que la préfecture a placés en local de rétention administrative (LRA) après la garde à vue. « Je suis très inquiet », poursuit Ousmane, par ailleurs père de deux enfants. Les 28 LRA existant en France, sont destinés à la rétention des personnes…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pauline Migevant

