Après l'oubli, la reconnaissance Lundi 24 Août… — L'Humanité

Ce républicain espagnol de la division Leclerc, membre de la compagnie surnommée la «  Nueve  » (160 hommes dont 146 Espagnols pour la plupart anarchistes et communistes) avec à leur tête le colonel Raymond Dronne, a tout donné pour la libération de l’Afrique du Nord puis celle de la France. Luis et ses camarades ont débarqué à Omaha Beach. Puis, sous la conduite de combattants de la Résistance, ils ont foncé sur Alençon avant d’entrer dans Paris – déjà largement contrôlé par les FFI du colonel Henri Rol-Tanguy – à bord des half-tracks portant les noms de batailles de la guerre d’Espagne, «  Teruel  », «  Guadalajara  », «  Brunete  » soigneusement rebaptisés pour les cérémonies du lendemain 25 août, «  Montmirail  »,«  Champaubert  » ou «  Romilly  ».

Un signe, déjà.
Luis et ses copains ne fonceront pas sur Madrid pour combattre la dictature. On leur donnera l’ordre de poursuivre vers l’est. Surtout pas au sud, vers l’Espagne martyrisée par le général fasciste Franco passé sous protection des États-Unis. Dans son HLM de Cachan, Luis nous dira au crépuscule de sa vie : «  La libération de Paris, de la France devait être une étape avant la libération de l’Espagne. Nous nous sommes battus puis nous avons été oubliés.  » Ce lundi soir à Paris (1), honneur sera rendu à la «  Nueve  ». Enfin.

« Élément communiste dangereux »
Manuel Rodriguez était un parmi les 500 000 réfugiés espagnols qui ont cherché refuge en France, en 1939. Passé les Pyrénées, il a été enfermé dans un camp de concentration, à Argelès. Première image d’une partie de la France, celle qui passait son temps à enchaîner autour du maître berlinois plus de génuflexions que la liturgie collaboratrice n’en exigeait, en pourchassant les élus et responsables communistes. Manuel s’échappera puis rejoindra les premiers groupes armés de la Résistance. Plus tard, il participera à la libération de Toulouse. La Ville rose et la France libérées, il s’engage dans les groupes armés qui tentent de reprendre la lutte en terre espagnole. Blessé, il rentre à Toulouse et finit sa vie délaissé et traité comme un pestiféré, presque comme un «  terroriste  ». Manuel et ses camarades anciens résistants et guérilleros n’ont pas encore reçu l’hommage qu’ils méritent. Trop rouges.

Maurice, ancien des Brigades internationales, a eu la mauvaise idée de perdre une jambe lors de la bataille de l’Ebre. Jeune et beau…

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Auteur: L’Humanité Le grand soir

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