Les entreprises sont à la fois le lieu de rencontres amoureuses et sexuelles et le point de focalisation du phénomène #MeToo qui dénonce les violences sexistes et sexuelles. La recherche en management s’est peu intéressée à ce sujet, qui fait l’objet d’un colloque organisé à l’IAE Paris-Est afin d’apporter de premiers éclairages à la question suivante : comment le mouvement #MeToo est-il vécu dans le monde professionnel ?
Né en 2007 mais popularisé en 2017 lors de l’affaire Weinstein – du nom du producteur américain accusé de multiples violences sexistes et sexuelles (VSS) –, le mouvement #MeToo a amplement permis de libérer la parole des victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles. Tout comme sa déclinaison francophone (#balancetonporc), cette déferlante de témoignages sur les réseaux sociaux présente la caractéristique de concerner le monde professionnel, au-delà du monde du cinéma. Décliné pour différents secteurs économiques, des médias à la santé, ce système de signalement public a entraîné des changements comportementaux aussi bien parmi les salariés que parmi leurs employeurs.
Dans le même temps, l’entreprise demeure aujourd’hui encore un lieu au sein duquel s’épanouissent relations sexuelles et rencontres amoureuses, que ce soit entre collègues ou entre un subordonné et son supérieur hiérarchique. Histoires d’un soir ou romances durables constituent donc une dimension de la vie professionnelle. Leurs conséquences organisationnelles positives ou négatives sont bien réelles : départ spontané ou provoqué, conflits interpersonnels, désengagement, productivité accrue ou altérée, entrepreneuriat en couple, etc.
Un point aveugle de la recherche en management
Pourtant, la sexualité dans les organisations est un thème notoirement délaissé dans la recherche universitaire. Certes, les études critiques en management anglophone l’ont abordée, dès 1984, avec…
Auteur: Joan Le Goff, Professeur des universités en sciences de gestion, IAE Paris-Est

