L’expiration du traité New START, jeudi 5 février, marque « un moment grave pour la paix et la sécurité internationales », a averti le Secrétaire général de l’ONU dans une déclaration solennelle publiée mercredi soir, à New York.
Signé à Prague en 2010 et entré en vigueur l’année suivante, ce traité plafonnait le nombre d’armes nucléaires stratégiques déployées par les États-Unis et la Fédération de Russie, qui détiennent à eux seuls l’écrasante majorité du stock mondial. Son extinction laisse derrière elle un paysage nu, sans garde-fous vérifiables, à l’heure où la rhétorique nucléaire a retrouvé une place centrale dans les conflits contemporains.
Un héritage patiemment bâti, aujourd’hui dissous
« Tout au long de la guerre froide et après celle-ci, le contrôle des armements nucléaires entre ces gouvernements a permis d’éviter la catastrophe », a rappelé António Guterres.
La phrase n’est pas une formule rituelle. Des accords SALT, dans les années 1970, aux premiers traités START, dans les années 1990, des milliers d’ogives ont été retirées des arsenaux, des mécanismes d’inspection mis en place, des lignes rouges clarifiées. L’architecture était imparfaite, mais elle réduisait l’espace de l’erreur et du malentendu.
Cette patiente construction s’effondre aujourd’hui d’un seul bloc. « Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, nous faisons face à un monde sans aucune limite contraignante sur les arsenaux nucléaires stratégiques », a constaté le chef de l’ONU, soulignant que cette rupture survient « au pire moment », alors que « le risque qu’une arme nucléaire soit utilisée est le plus élevé depuis des décennies ».
La tentation du vide
Le danger n’est pas seulement quantitatif. Sans cadre commun, chaque modernisation devient suspecte, chaque exercice militaire un signal potentiellement mal interprété. L’absence de règles nourrit la méfiance,…
Auteur: Nations Unies FR

