Après cinq ans de vives tensions, le Venezuela se dirige-t-il vers une sortie de crise ? Les États-Unis semblent décidés à le croire : au lendemain d’un accord signé entre le régime chaviste et l’opposition en vue de la tenue d’une élection présidentielle au second semestre 2024, Washington a annoncé, mercredi 18 octobre, un allègement des sanctions visant Caracas. « En réponse à ces développements démocratiques, le département du Trésor a autorisé les transactions relatives au secteur du gaz et du pétrole vénézuélien ainsi que celui de l’or », ont fait savoir les autorités américaines.
L’accord conclu vingt-quatre heures plus tôt à la Barbade, sous les auspices de la Norvège, prévoit, à la demande de l’opposition vénézuélienne, une mise à jour du registre électoral, y compris à l’étranger. Par ailleurs, des missions d’observation seront invitées à veiller au bon déroulement du scrutin. L’Union européenne, très critique du gouvernement chaviste, l’ONU ou encore le Centre Carter (États-Unis) seront autorisés à envoyer leurs experts sur le terrain.
Il reste toutefois encore beaucoup à faire pour réconcilier le géant pétrolier sud-américain, déchiré par la dérive dictatoriale du régime. Depuis 2018, le Venezuela traverse une grave crise constitutionnelle, l’opposition ne reconnaissant pas la réélection de Nicolas Maduro, le successeur du bouillonnant Hugo Chavez. Cette élection avait très largement été considérée comme frauduleuse, et de nombreux pays ont refusé de reconnaître le résultat. À commencer par les États-Unis de Donald Trump, qui avaient durci les sanctions prises sous Barack Obama après la répression brutale de manifestations en 2014.
Un des points en suspens est la question, centrale, des conditions requises pour pouvoir se présenter devant les électeurs. Le régime a multiplié, ces dernières années, les…
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Auteur: Gilles Biassette

