Inspirés de longue date par le travail de Michel Foucault, les philosophes Alain Brossat et Alain Naze ont enquêté sur le « vrai-faux silence » de l’intellectuel préféré des français autour de la Palestine et d’Israël. La première partie de ce travail est accessible ici, la seconde là.
On a pu discerner déjà, dans les développements précédents, toute l’importance que revêtent les associations subreptices et les enchaînements tacites, dans l’établissement d’une position durable qui ne s’explicite pas sur un mode plein, mais demeure toujours en creux et ne s’expose au grand jour que par intermittences, « au détour d’une conversation » – ou d’une intervention écrite. Ces passages à l’explicite prennent la forme de « sorties », dans la plus parfaite des discontinuités et c’est donc à ses propres risques que l’enquêteur tente de rétablir de la continuité là où ne sont demeurés que des pointillés, très espacés. Le Petit Poucet Foucault ne nous a pas, ici, facilité la tâche, les petits cailloux blancs qui balisent son parcours dans la forêt (sombre) du conflit israélo-palestinien sont rares et souvent bien cachés. Exemple : dans l’un de ses cours au Collège de France (« Il faut défendre la société »), Foucault affirme (un peu hâtivement) que le socialisme, tant comme doctrine que comme pratique étatique, débouche nécessairement sur le racisme. Cette simplification a comme effet que la campagne exterminationniste entreprise par Staline contre les « koulaks » peut être associée aux différentes éruptions d’antisémitisme sous le règne de Staline, notamment l’affaire des « blouses blanches » évoquée plus haut. Du coup se trouve renforcée la suture qui, pour Foucault, rend indissociables l’hostilité au communisme à la soviétique et le philosémitisme alimentant la sympathie pour Israël.
Un nouveau nœud de même espèce se forme à l’occasion de…
Auteur: dev
