Architectes et travailleurs migrants ensemble pour sauver un foyer moderniste

« Pour moi le foyer c’est la vie, et quand on t’arrache la vie, qu’est-ce qu’il reste ? » Dans la vaste cuisine du foyer de la rue Moïse à Rouen, Mustapha Diop est intarissable quand il s’agit d’évoquer ce lieu qu’il a connu dès son arrivée en France, en 2006. L’homme était pêcheur avant de faire la traversée depuis la Mauritanie.

Durant les journées du patrimoine 2024, des visites guidée du foyer ont été organisées afin de le visibiliser.

©Échelle inconnue

« Quand je suis arrivé en Europe, j’étais perdu et lorsque je suis arrivé dans ce foyer je me suis retrouvé. J’ai appris tout ce que je devais apprendre pour m’intégrer dans ce pays. » Nous rencontrons Mustapha en début d’après-midi. Dans la cuisine du foyer, plusieurs personnes s’affairent autour des fourneaux hors d’âge, dont seuls trois sur dix fonctionnent encore, pour préparer un repas collectif. Les crissements de l’huile en train de frire et le choc des casseroles couvrent de temps à autre les voix.

Un homme en habit traditionnel au pied d'un escalier.

Depuis le hall d’entrée, un escalier donne accès à la mosquée ainsi qu’à des douches.

©Échelle inconnue

Un homme entre deux cages d'escalier

Le foyer Moïse est doté de vastes espaces communs.

©Guénolé Carré

Construit en 1969 afin de loger des travailleurs sénégalais et mauritaniens, le foyer Moïse n’est pas au meilleur de sa forme. Il souffre depuis des années d’un grave manque d’entretien. Pourtant, les entremêlements de coursives donnant sur de vastes salles communes vitrées, fréquentées tant par les habitants que par des visiteurs de passage, indiquent d’emblée qu’il ne s’agit pas d’un bâtiment banal.

Le foyer a été pensé dès…

La suite est à lire sur: basta.media
Auteur: Guénolé Carré

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