Nous savons tous, désormais, ce qu’est le greenwashing. Pas une banque ou multinationale qui ne « market » quelques vagues projets « éco-responsables » à grands renforts de publicités vert pomme. La bonne conscience vend moins que la destruction du vivant mais elle vend quand même et aussi. Dans cet excellent article, Mathias Rollot, maître de conférences à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble, s’intéresse aux nouvelles pratiques « biodiversifiée » du monde de l’architecture. Il s’intéresse tout particulièrement à l’agence ChartierDalix, avant-garde du béton vert qui entre de nombreux chantiers pour Axa, Vinci, Renault ou la tour Montparnasse, vient de publier un livre autopromotionnel :Accueillir le vivant. L’architecture comme écosystème
La possibilité d’une « architecture animaliste » n’est pas qu’une spéculation philosophique, qu’une proposition prospective, mi-théorique, mi-utopique. Tout au contraire, des formes « d’architectures animalistes » pourraient bien déjà être à l’oeuvre, ici et là. Toute la difficulté, cependant, est que l’accueil local de la « biodiversité » ne fasse pas sous couvert d’une destruction d’écosystème lointain ou moyennant une contribution massive au dérèglement global. Autrement dit, il s’agit de promouvoir une écologie locale tout en s’assurant que, ce faisant, on n’a pas juste délocalisé les pollutions, nuisances, destructions et prélèvements douloureux ; il s’agit de défendre une réelle architecture animaliste plutôt que de peindre en vert et de recouvrir d’hôtels à insectes les façades du projet sur les perspectives juste pour gagner le concours ; il s’agit de réfléchir sérieusement aux relations entre d’une part le modèle politique, social et économique de l’agence d’architecture et d’autre part les projets livrés par cet agence, pour vérifier qu’il n’y a pas…
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Auteur: dev

