Argentine : braver la haine

De grandes tentes de toile blanche, bleue et noire s’étendent sur plusieurs mètres avenue Belgrano et rue Bolivar, à Buenos Aires. Le campement a pris forme début mars 2024, quelques jours après l’annonce par Javier Milei de la fermeture de Télam, principale agence de presse d’Amérique latine, et la seconde hispanophone dans le monde. Lors d’un discours devant les députés, le président élu fin 2023 justifie sa décision par son obsession : la réduction des dépenses publiques.

Il accuse au passage l’organe de « propagande kirchneriste » – une référence à Néstor et Cristina Kirchner, deux anciens dirigeants du pays, de centre gauche. Une sortie qui donne le ton de son mandat, caractérisé par des discours de haine contre les voix dissidentes. À chaque catégorie correspond une insulte ou un sobriquet péjoratif : les fonctionnaires sont des ñoquis (« payés à ne rien faire » en argot argentin), les journalistes des « vendus ».


Sur le même sujet : Argentine : Milei ferme Télam, la première agence de presse latino

Dès lors, rien d’étonnant à ce que le chef de l’État s’en prenne à l’agence de presse nationale. Le site internet de Télam affiche désormais un laconique « La page que vous essayez de voir est en reconstruction », et un dispositif policier s’est déployé devant ses bâtiments dans la capitale argentine, empêchant tout accès. Les centaines d’employés sont depuis dans l’expectative. Fernando Faia était chez lui lorsqu’il a appris la nouvelle. Journaliste depuis plus de trente ans, il est rédacteur en chef de la rubrique sport.

Ayant fait toutes ses armes chez Télam, il connaît bien la maison, suffisamment pour savoir que les tentatives de fermeture, « il y en a eu…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Eva Tapiero

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com