Argentine : Javier Milei peut-il faire école ?

Huitième pays du monde en superficie, ce pays de 46 millions d’habitants ne cesse d’attirer sur lui les regards : un pape argentin de 2013 à 2025, une Coupe du monde en 2022, avant-hier le coup d’éclat d’une victoire du XV argentin sur les redoutables All Blacks… Président de la République depuis près de deux ans, Javier Milei aligne aussi son palmarès : politique économique radicale, refus de l’entrée de son pays dans le club élargi des Brics, les marqueurs volontaristes ne manquent pas.

Comme pour Donald Trump, on aurait tort de voir là une forme d’amateurisme politique sans réel lendemain possible. Tournant le dos au progrès social par la redistribution, l’actuelle équipe dirigeante, usant de l’image de la tronçonneuse, tranche. Au passage, elle enregistre certains succès, comme la maîtrise de l’inflation, qui galopait. De quoi donner du crédit au modèle d’un État réduit aux fonctions minimales d’un « veilleur de nuit » assurant la sécurité des échanges.

Pauvreté et inégalités sociales restent néanmoins prégnantes, au point que le Sénat tente de prendre des dispositions législatives contraires aux vues du gouvernement. Javier Milei devra-t-il jouer le peuple, dont près de la moitié le soutient encore, contre les institutions pour aller jusqu’au bout de son projet ? Devra-t-il utiliser la force au risque de réveiller les fantômes d’un pouvoir fort, voire de la dictature ? Ce ne serait pas le moindre de ses paradoxes. Ses faits et gestes seront scrutés de près en Europe par la partie de la classe politique tentée par ces politiques disruptives.

En France, où la question de la taille et du rôle de l’État est posée sur fond d’économies budgétaires, la colère gronde de manière préventive. La gauche radicale abat ses cartes. La droite qui s’oppose au couple exécutif tarde à dessiner les contours de son projet. L’Argentine lui…

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Auteur: Arnaud Alibert