Buenos Aires (Argentine), correspondance
Ils sont seuls et démunis face aux aléas d’une météo de plus en plus capricieuse. Les habitants de Bahía Blanca, à 600 kilomètres au sud de Buenos Aires, sont encore sous le choc. Une semaine après les précipitations record qui sont tombées sur la ville (près d’une année de pluie en quelques heures), les personnes affectées se serrent les coudes pour faire face aux conséquences du drame et compenser les lacunes de l’État. Les autorités parlent de seize morts. Un bilan qui pourrait s’alourdir puisqu’une centaine de personnes sont toujours portées disparues.
Dans l’Argentine de Javier Milei, président d’extrême droite, c’est l’auto-organisation qui prime. « Je reviens de chez ma mère, où il y avait 25 personnes que je ne connaissais pas en train d’évacuer sa maison. L’entraide entre riverains est impressionnante, raconte à Reporterre Paula Portero, 42 ans, employée dans le secteur des ressources humaines. Partout, on observe des amas d’une boue très compacte et difficile à déplacer, lourde comme du goudron ! »
« Ma ville est complètement détruite »
Originaire de Bahía Blanca et résidente d’Escobar (dans la banlieue nord de Buenos Aires), Paula s’est rendue sur place dès qu’elle l’a pu pour épauler sa mère, médecin dans le centre de la ville, l’une des zones affectées par les inondations. Miraculée, cette dame a pu sortir par le patio intérieur de sa maison grâce à l’aide d’un couple de voisins plus jeunes. « Je suis encore sous le choc, ma mère aurait pu y rester, poursuit Paula, la voix émue. Ma ville est complètement détruite… On dirait qu’une guerre est passée par là ! Et maintenant, où est l’État ? Le pire, c’est que Bahía Blanca est connue pour ses mauvaises infrastructures. C’est une ville exposée à ce genre d’épisodes, d’autant…
Auteur: Fabien Palem

