L’élection présidentielle argentine se tiendra le 22 octobre prochain. Ce scrutin se déroule dans l’ombre des primaires du 13 août dernier, lors desquelles le candidat libertarien d’extrême droite Javier Milei a créé la surprise, en arrivant en tête avec 30% des voix. Pour la première fois de son histoire, le péronisme se retrouve à la troisième place, avec 27 %, derrière la candidate de la droite traditionnelle (mais radicalisée), à 28%. Nous avons déjà publié dans nos colonnes les analyses de ce séisme politique proposées par Mariano Schuster et Pablo Stefanoni, puis par Claudio Katz.
Dans cet article, Martin Mosquera, animateur de Jacobin América Latina, replace ce moment dans la longue durée de l’histoire politique de l’Argentine, marquée selon lui par une « impasse hégémonique », qui voit les classes antagonistes s’engluer dans une forme d’« équilibre catastrophique ». L’extrême droite incarnée par Javier Milei peut alors apparaître comme une issue possible, en captant la colère sociale diffuse pour imposer la purge néolibérale que les classes dominantes (et le personnel politique qui leur est organiquement lié) n’ont pas été jusqu’à présent en mesure de mener à bien. Se pose alors à nouveaux frais la question de la tactique et de la stratégie que la gauche radicale doit suivre dans une conjoncture aussi dégradée.
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Il est difficile d’exagérer la signification du bouleversement politique de l’élection primaire du 13 août. Il n’est d’ailleurs pas facile d’en saisir toutes les dimensions. Tout d’abord, l’extrême droite s’est hissée aux portes du pouvoir. Ce qui paraissait impossible semble désormais inéluctable. Une force politique quasi-inexistante, sans structure de parti, sans candidats provinciaux, sans sénateurs ni gouverneurs, a atteint une position surprenante dans un système politique conçu pour empêcher l’entrée de forces extérieures….
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Auteur: redaction

