Il y a ceux qui prennent moins des pilules prescrites, ceux qui choisissent entre les traitements, et ceux qui ne peuvent simplement pas. Dans une Argentine aux prix « libérés », à l’inflation folle, et avec un gouvernement lançant audit sévère de la santé, se soigner peut devenir un luxe.
« Entre acheter à manger et un médicament, les gens choisissent de manger », dit Marcela Lopez pour expliquer la chute des ventes dans sa pharmacie de Parque Chacabuco, quartier de classe moyenne de Buenos Aires. Elle voit, au quotidien, des patients venus pour un antibiotique mais qui, voyant le prix, repartent avec un antidouleur…
Les ventes de médicaments ont chuté de 18% en janvier (70% pour ceux sur ordonnance), selon l’interprofession. « Jusqu’à l’an dernier, il y avait un accord entre gouvernement et laboratoires pour une modération des prix », rappelle auprès de l’AFP Ruben Sajem, directeur du Centre des pharmaciens professionnels argentins. Accord abandonné, comme dans d’autres secteurs (alimentation, carburants) par le gouvernement ultralibéral de Javier Milei dans son élan dérégulateur.
Le tout alimente à court terme – avant un assainissement, promet le gouvernement – une inflation qui s’était déjà établie à 211% en 2023. Les prix ont ainsi bondi de 20% en janvier, contribuant à dévorer un peu plus le pouvoir d’achat après une dévaluation de plus de 50% du peso mi-décembre.
Choix cornélien
La chute statistique des ventes de médicaments ne dit pas les choix dramatiques qui s’opèrent en coulisses et les risques personnels, notamment pour les maladies chroniques, relève Ruben Sajem.
« Par exemple, un patient qui prend chaque jour un médicament pour l’hypertension, va acheter une tablette plus petite et pense que ça ira s’il espace les prises. La réalité c’est que ça ne lui…
La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur:

