Basta! : Depuis plusieurs années, le pouvoir politique multiplie les initiatives et dispositifs pour faire entrer l’armée dans les établissements scolaires et les structures de jeunesse. À quels besoins cela répond-il ?
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Olivier Schmitt : Le besoin de renforcer les liens entre civils et militaires se retrouve dans tous les pays européens, mais le cas français comporte plusieurs particularités. L’articulation entre sociétés civiles et besoins militaires a été rendue évidente par la Première Guerre mondiale : la guerre moderne est industrielle et requiert un effort de l’ensemble du pays.
Aujourd’hui, les doctrines militaires russes prévoient un ciblage des populations civiles, par des frappes et des opérations de sabotage des services essentiels, afin de faire pression sur les dirigeants dans la phase initiale d’un conflit. Si la dissuasion face à la Russie devait échouer, les populations civiles doivent être conscientes qu’elles sont des cibles, et donc connaître les attitudes à adopter. C’est ce qu’on appelle par exemple dans les pays nordiques la « défense totale ».
En France, la question des relations entre l’armée et la société est d’abord liée à la tradition républicaine française, selon laquelle tout citoyen a des droits, mais aussi le devoir de défendre la nation. La création de ces dispositifs entre armée et Éducation nationale résulte de l’idée selon laquelle la prise de conscience de ce devoir passe par des moments d’échanges – la journée défense et citoyenneté, le service national universel ou l’enseignement à la défense par des réservistes. Toutefois, le risque est de réduire la défense nationale, qui implique l’intégralité des secteurs de la société, à la seule défense militaire. En voulant informer sur les armées, on…
Auteur: Elsa Sabado


