Arp mythique, Arp antique. Le regard d’un artiste moderne sur les civilisations anciennes, jusqu’au 23 novembre. Fondation Arp, 21 rue des Châtaigniers, Clamart (92),
On traverse Meudon, banlieue escarpée de Paris, aujourd’hui plutôt cossue, avec çà et là quelques belles maisons d’architectes. À l’orée de la forêt, déjà sur la commune de Clamart, on découvre, en haut d’une côte, un pavillon de meulière claire, matériau traditionnel de la périphérie de la capitale. Rare exemple d’une maison-atelier d’artistes préservée, associant esthétique et fonctionnalité, la demeure fut dessinée en 1927 par la Suissesse Sophie Taeuber (1889-1943), première épouse de l’artiste d’origine alsacienne Jean Arp (1886-1966), où le couple s’installa en 1929.
C’est elle qui a décidé des volumes en innovant avec des fenêtres, toutes différentes par leurs tailles, et des balcons dépouillés, semblant sortir de la bâtisse tels des tiroirs. Ces deux pionniers du dadaïsme et de l’art concret y accueillent collectionneurs, écrivains et artistes des avant-gardes, dont Max Ernst, Joan Miró, Tristan Tzara, Marcel Duchamp, James Joyce, André Breton, Robert et Sonia Delaunay…
La maison est à flanc de colline, d’aspect modeste ; ils y adjoindront par la suite la maison voisine et construiront deux petits ateliers, dédiés surtout à la sculpture, au fond du petit jardin. Trop peu connu, ce lieu de création et d’émulation collective témoigne de leur conception de la vie quotidienne indissociable des arts.
Figures majeures
Il est aujourd’hui le siège de la Fondation Arp – dont il est vraiment à déplorer que son intitulé ne mentionne pas le nom de sa compagne, grande artiste elle aussi –, dotée de quelque 1 400 œuvres, montrant en…
Auteur: Olivier Doubre

