Arrachage des yeux à vif (épédonculation) et mort par suffocation dans de l’eau glacée : ce sont les sévices que subissent une grande partie des 9 milliards de crevettes consommées chaque année en France, et essentiellement importées.
Des pratiques méconnues du grand public, que Reporterre avait déjà racontées dans une enquête de décembre 2025 et que l’International Council for Animal Welfare (Icaw) dénonce depuis 2023. L’ONG milite pour que les distributeurs européens s’engagent à ne plus vendre des crevettes issues d’élevages ayant recours à ces techniques cruelles.
Dans son rapport Souffrance en rayon publié le 16 octobre, Journée internationale de l’alimentation, l’ONG dresse un bilan du niveau d’engagement des enseignes françaises. Mousquetaires, Coopérative U, Auchan et Aldi se sont engagés à interdire la pratique de l’épédonculation par leurs fournisseurs et à leur réclamer l’étourdissement électrique avant immersion dans la glace d’ici à 2030 (ou 2035 pour Aldi). À elles seules, elles représentent plus de 50 % du marché de la grande distribution, se félicite l’Icaw.
L’ONG pointe « un retard préoccupant » de trois enseignes — E.Leclerc, Picard et Grand Frais — qui jusque-là n’avaient pris aucun engagement officiel. Interrogé par l’AFP à l’occasion de la sortie du rapport, Grand Frais souligne que 90 % de ses crevettes proviennent de fournisseurs ne pratiquant pas ou plus l’épédonculation et assure travailler sur l’étourdissement électrique. Picard assure pour sa part que l’épédonculation n’est déjà plus pratiquée pour la majorité de ses références. E.Leclerc n’a pas répondu à l’AFP.
Enfin, certains distributeurs se sont déjà engagés vers l’interdiction de l’arrachage des yeux chez leurs fournisseurs. C’est le cas de Carrefour qui vise l’élimination de l’épédonculation d’ici à 2027 et 2029 selon les espèces,…
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