En raison du contenu de ses propos mais aussi par l’éclatante humanité qui émane d’elle, Judith Godrèche a bouleversé toutes celles et tous ceux qui l’ont entendue récemment s’exprimer. Au-delà des comportements de Benoît Jacquot et de Jacques Doillon, contre lesquels elle a déposé plainte pour viol sur mineure, sa parole jette une lumière crue sur une certaine réalité du cinéma français qui met en péril au premier chef les actrices.
Réalisatrice de quatre longs métrages – dont le dernier, La Petite Solange, avait pour protagoniste une adolescente –, féministe revendiquée, hautement cinéphile et coprésidente de la société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), Axelle Ropert s’exprime ici en son nom propre et livre une analyse précise, empreinte de sa propre expérience, des graves dysfonctionnements qui affectent le cinéma. Elle évoque les limites nécessaires du pouvoir du metteur en scène et se prononce contre la censure des œuvres.
Comment avez-vous reçu les propos de Judith Godrèche ?
Axelle Ropert : Le véritable #MeToo du cinéma français est en train de se jouer en ce moment. Il avait un peu commencé avec l’affaire Adèle Haenel/Christophe Ruggia. Mais d’une certaine façon, cela restait isolé, sans répercussions sur le reste de l’industrie du cinéma. Avec Besson, c’est plutôt le pouvoir de l’argent sur les actrices qui a été attaqué – mais sans vrai chamboulement. En revanche, avec les affaires Depardieu et Benoît Jacquot, on assiste à un bouleversement de fond.
Depuis toujours on sait que les actrices sont sujettes à des violences sexuelles.
Selon des modes plus « artistiques » et donc plus difficile à dénouer : on a dû travailler nos admirations et nos « mythes ». Avec Depardieu, on a été soudain confronté à un cas particulier : comment un artiste pour lequel on a la plus grande admiration peut se…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

