« Nous sommes là pour mettre des visages sur les statistiques, regardez-nous ! » Une vive émotion a étreint le Parlement européen de Strasbourg, ce lundi 19 octobre. Réunis à l’initiative des Mutuelles pour la santé planétaire (dont la Macif ou la Mutuelle des services publics), qui réclament une sortie urgente des pesticides de synthèse, six parents d’enfants malades sont venues raconter leurs quotidiens.
Sabine Grataloup devant le Parlement européen de Strasbourg, 20 octobre 2026. Dans le cadre d’une manifestation contre Omnibus X.
© Nolwenn Weiler
« Théo a été opéré dès le lendemain de sa naissance, en mai 2007, explique Sabine Grataloup. Il a passé les trois premiers mois de sa vie avec les bras attachés, pour qu’il n’arrache pas son système d’intubation. »
Après moult recherches et démarches, Sabine Grataloup finit par comprendre que les malformations de son fils sont dues à son exposition au glyphosate, alors qu’elle était enceinte. En 2022, Théo est le premier enfant à être reconnu comme victime des pesticides par l’État français, via le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides.
Édouard Exilard est un autre parent invité ce 19 octobre au Parlement européen par les députés Marie Toussaint (Les Écologistes) et Christophe Clergeau (PS). Il raconte : « Ma fille Maïtena est tombée malade à 5 ans et demi. Elle a subi huit opérations avant de décéder de sa tumeur cérébrale, 15 mois plus tard. Je suis agriculteur, j’ai utilisé des pesticides de synthèse pendant des années avant de me convertir à l’agriculture biologique. »
Au nom d’Alban, 4 ans, Maïtena, 5 ans, Cloé et Emmy 11 ans…
Un silence sidéré accueille ces récits d’enfances volées. « Derrière chaque malade, il y a des vies brisées », souligne Marie Thibaut, fondatrice de l’association Stop aux cancers de nos enfants. Son fils Alban avait quatre ans quand il est tombé…
Auteur: Nolwenn Weiler
