Arrêter les éoliennes la nuit permettrait de sauver 48 000 chauves-souris par an

La nuit, les chauves-souris sont attirées par la silhouette des éoliennes qu’elles confondent parfois avec un arbre. Elle sont aussi attirées par la quantité importante d’insectes autour du mât.

Résultat, elles entrent parfois directement en collision avec les pales en rotation. On estime que 60 000 chauve-souris meurent dans les éoliennes chaque année.

Pour freiner l’hécatombe, des chercheurs du Muséum d’Histoire Naturelle ont mesuré l’effet du bridage des éoliennes, qui consiste à les stopper dans des conditions spécifiques.

« On sait par exemple que les chauves-souris ne sont actives que la nuit, et elles y sont plus actives quand le vent est très faible et qu’on a une température assez élevée », explique Andréas Ravache, l’un des auteurs de l’étude.

Les résultats, publiés le 20 octobre 2026 dans la revue Journal of Applied Ecology, montrent que le bridage basé sur les périodes d’activités des chauves-souris permet de réduire leur mortalité de plus de 80 %.

Aucun effet significatif n’a été montré sur la mortalité des oiseaux migrateurs nocturnes. © Clara Mailhol et Andréas Ravache – MNHN

« Ces résultats concernent autant les chauves-souris à écholocalisation longue portée, qui volent plutôt dans les prairies dégagées ou au-dessus de la canopée, que celles à écholocalisation à portée intermédiaire, qui fréquentent plutôt les lisières forestières et les sous-bois », précise Andréas Ravache, chercheur au CESCO et co-auteur de l’étude.

La régulation par bridage est déjà mise en place dans un peu moins de la moitié des 600 parcs éoliens français. Cette technique entraîne une perte d’énergie produite entre 10% et 15%. Si le bridage est optimisé, en incluant des paramètres comme les précipitations, la perte peut tomber à seulement 3% à 5%.

La France compte plus de 10 000 éoliennes qui produisent environ 10% de l’électricité à l’échelle nationale.

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Auteur: La Relève et La Peste