Arrêts maladie : la suspicion plutôt que la prévention

Après avoir expliqué pendant des mois que les Français ne travaillaient pas assez, le gouvernement s’attaque désormais aux salariés en arrêt maladie. Après le procès en paresse, voici donc le procès en simulation : si les arrêts augmentent, c’est qu’il y a trop d’abus et donc qu’il faudrait contrôler davantage. Certes, les arrêts maladie et les indemnités journalières progressent, mais ce constat ne dit rien des causes de leur augmentation. Or, au lieu d’analyser sérieusement les raisons de cette hausse, le gouvernement choisit d’abord d’installer la suspicion.

On ne parle plus d’organisation du travail, d’usure physique ou psychique, mais de comportements individuels supposément déviants.

Avec son projet de renforcement des contrôles et de signalement des arrêts jugés douteux, grâce à un « bouton d’alerte », il accrédite l’idée qu’une part importante des salariés tricherait en profitant du système. Autrement dit, le problème viendrait d’abord des malades eux-mêmes. Cette manière de poser les termes du débat n’a rien d’anodin. Elle consiste, une fois de plus, à transformer une question sociale en question morale. On ne parle plus d’organisation du travail, d’usure physique ou psychique, mais de comportements individuels supposément déviants.


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Pourtant, les chiffres et l’analyse des faits contredisent le narratif du gouvernement. Premièrement, la majorité de la croissance des indemnités journalières (60 %) s’explique par des facteurs économiques et démographiques. Chaque année, il y a sur le marché du travail davantage d’actifs, ce qui accroît mécaniquement le volume d’arrêts maladie. Ensuite, la population active vieillit, ce…

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Auteur: Thomas Porcher

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