« L’époque contemporaine est finie (…). Autant en finir aussi avec les dîners de gala » La foire internationale du Grand Palais « Art Basel », supposée rassembler les nouvelles « scènes artistiques émergentes », a, pour la première fois de son histoire, été l’objet d’un véritable happening, d’une véritable émergence, le 24 octobre dernier : un appel à « reprendre le Palais », signé « Pillage de classe ». Il ne s’en est pas fallu davantage pour que les organisateurs spéculent sur l’irruption d’un peu de réel. La galerie fut suffisamment épatée pour fermer pendant trois jours. Spéculera bien qui spéculera le dernier !
Comme tous les ans à Paris, Art Basel – la foire internationale d’art contemporain – devait se dérouler la semaine dernière au Grand Palais dans un bêlement sédatif. Une foire préparée bien en avance pour laquelle il valait mieux ne pas se tromper, vu les prix de location astronomiques des stands à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Depuis quelques jours, professionnels et pique-assiettes étaient dans les starting-blocks pour enchaîner jusqu’au dimanche soir les soirées en plastique dans des clubs en toc, pour courir les événements du off (en concurrence les uns contre les autres), et pour subir les programmes de discussion assommants habituels (« les nouvelles scènes émergentes »). Tout aurait pu continuer tranquillement jusqu’à dimanche. C’était sans compter l’intrusion d’un phénomène très concret au cœur de la machinerie d’Art Basel : celui du mouvement en cours.
Mardi soir, premier coup de semonce. Alors que des ultra-riches s’agglutinaient à la preview, le compte Instagram Documentations.art publiait un appel à « reprendre le Palais le 24 octobre » signé d’un collectif : Pillage de classe. Le 24 octobre, soit le jour de l’acte II du mouvement social et insurrectionnel en cours. Le post, liké par milliers…
Auteur: dev
