Cette enquête environnementale historique a été initialement publiée dans le Wave Magazine, de l’association landaise Wave Radio.
Les barthes
Aux abords de l’Adour, la relation des humains au territoire est d’abord une histoire d’eau. Ce fleuve, long de 308 km, sépare les coteaux de Chalosse (au sud), des Landes de Gascogne (au nord). Icones du territoire, les barthes constituent les plaines alluviales inondables de part et d’autre de l’Adour. Elles ont un rôle essentiel : à la fois vase d’expansion lors des fortes crues, et stockage des eaux de ruissellement des bassins-versants.
Les barthes se composent d’une imbrication de forêts alluviales, de prairies inondables, de roselières, de tourbières, de peupleraies (plantations de peupliers) artificielles, de cultures, de plans d’eau…
De tous temps, les humains ont vécu à leur rythme, et tenté de les canaliser pour bénéficier de leurs terres limoneuses fertiles, que ce soit pour le pâturage des troupeaux ou pour cultiver. Les landais ont toujours été à la fois bergers et agriculteurs, la fumure du bétail permettant d’enrichir des sols sableux, pauvres en nutriments.
Datée de 1830, cette peinture du bordelais Gintrac est l’une des premières à représenter ce monde mythique qu’étaient les Landes. Déjà, des pins apparaissaient à l’horizon du désert
En 1810, le botaniste et médecin Jean Thore, de Dax, fut l’un des premiers à recenser la flore des Landes avant les grandes transformations paysagères du XIXe siècle (l’extension du boisement de pins maritimes suite à un drainage systématique). Il est la mémoire d’essences menacées à l’époque et, pour certaines, dorénavant disparues.
Il a notamment parcouru les barthes. Quelques-unes étaient accessibles pour le voyageur curieux qui ne redoutait pas de se mettre parfois dans l’eau jusqu’à mi-jambe. Les autres, à l’inverse, présentaient un fourré si épais qu’on ne pouvait les…
Auteur: Laurie Debove

