Bien qu’aucune implication des Etats-Unis ou de leurs alliés de l’OTAN n’ait été reconnue, il semble très improbable qu’une opération aussi dangereuse, voire insensée, ait été entreprise par les Ukrainiens sans la connaissance préalable et l’approbation de leurs puissants alliés et mentors. Depuis que la guerre contre la Russie a éclaté en février 2022, les États-Unis ont à eux seuls contribué à l’effort de guerre de l’Ukraine à hauteur de quelque 175 milliards de dollars et les Européens à hauteur de 135 milliards de dollars supplémentaires. De larges portions de ces sommes colossales ont entièrement financé le coût de fonctionnement de l’État ukrainien et de ses forces armées, tout en contribuant au flux continu d’équipements, de munitions et d’informations de reconnaissance sans lesquels les opérations de combat ukrainiennes s’effondreraient presque immédiatement.
En temps de guerre, il est évidemment légitime de cibler les commandants ennemis qui contrôlent les troupes sur le terrain ou qui coordonnent les opérations dans un quartier général situé sur la ligne de front ; d’ailleurs, un certain nombre de généraux russes sont déjà morts pendant la guerre en Ukraine. Mais Kirillov ne détenait aucun commandement de combat de ce type et il a été tué juste devant son domicile à Moscou, à des centaines de kilomètres du champ de bataille, de sorte que la plupart des analystes militaires indépendants ont qualifié l’assassinat de manifestement illégal, équivalant à une attaque terroriste ou à un crime de guerre.
Prenons l’exemple de la guerre du Golfe contre l’Irak, au début des années 1990. Si un assassin engagé par Saddam Hussein avait abattu Colin Powell, président de l’état-major interarmées, devant son domicile en Virginie, nous aurions été à juste titre scandalisés par cet acte de terrorisme illégal.
Pendant toutes les décennies de notre longue guerre froide contre…
Auteur: Ron UNZ

