«Personne au monde, personne dans l’histoire n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de ceux qui l’oppriment» disait avec une justesse étincelante Assata Olugbala Shakur, posant ici fièrement en tant que femme, noire, révolutionnaire antiraciste et prolétaire.

Assata Shakur : mort d’une indomptable


«Personne au monde, personne dans l’histoire n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de ceux qui l’oppriment» disait avec une justesse étincelante Assata Olugbala Shakur, femme, noire, révolutionnaire antiraciste et prolétaire.


Née sous le nom de Joanne Deborah Byron à New York, celle qui n’a jamais baissé les armes vient de s’éteindre à Cuba, le 25 septembre, après une vie de combats et d’exil. Assata signifie «celle qui lutte», Olugbala «pour le peuple» et Shakur veut dire «celle qui est reconnaissante».

Engagée dans les rangs des Black Panthers puis de la Black Liberation Army dans la période incandescente et violente des années 1970, Assata Shakur a mis sa vie et sa liberté en jeu pour combattre le racisme, l’impérialisme et le capitalisme. Elle expliquait : «J’ai déclaré la guerre aux riches qui prospèrent sur notre misère, aux politiciens qui nous mentent le sourire aux lèvres et à tous les robots sans esprit et sans cœur qui les protègent, eux et leur propriété. Je suis une révolutionnaire noire, et en tant que telle, je suis victime de toute la rage, la haine et la calomnie dont l’Amérique est capable».

Recherchée par le FBI pour son activisme, elle est coincée avec des camarades dans une fusillade sur une autoroute en 1973. Un policier et un militant sont tués dans l’affrontement. Assata parvient à s’enfuir, blessée par balle d’un tir dans le dos alors qu’elle levait les bras. Rattrapée en 1977, elle est accusée sans preuve de la mort de l’agent tué, et elle est condamnée à la perpétuité, après avoir été décrite comme une «tueuse de flic» et diabolisée dans la presse. Derrière les barreaux, dans des prisons de haute sécurité, elle observe le racisme du système carcéral : «J’ai été condamnée à la perpétuité plus 30 ans par un jury entièrement blanc. Ce que j’ai vu en prison, c’était partout de la chair noire…

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Auteur: B

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