« Le passage qui m’a le plus choqué, c’est celui sur les attaques de Trappes et de La Verrière. Au milieu de paragraphes sur l’insurrection des troupes de gauche, balancer ces attentats racistes d’extrême droite, il fallait oser. » Quand, le 30 octobre, Aldo* découvre l’arrêté que viennent de lui remettre trois gendarmes à son domicile, en soirée, c’est la stupeur. Le voilà sous le coup d’une « Micas », une « mesure individuelle de contrôle administratif de surveillance ».
Cette mesure « vise à prévenir la commission d’actes terroristes », selon le document remis à Aldo que nous avons pu consulter. Peuvent être visées par ces mesures des personnes dont le « comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité publique », d’après la loi. « Le document dit ensuite que je fais partie de la mouvance de l’écologie radicale, que je suis membre des Faucheurs volontaires, que j’ai participé à des actions d’intrusion, des dégradations de parcelles OGM, avec notamment les Soulèvements de la Terre », continue Aldo.
Interdit de manifester pour une action des Faucheurs volontaires
Sans nier son engagement écologique, il s’étonne d’avoir été assigné à domicile les 31 octobre et 1er novembre, avec l’obligation d’aller pointer à la gendarmerie une fois par jour, le privant au passage d’une liberté fondamentale, celle de manifester. Son militantisme et sa participation aux dernières manifestations constitueraient une menace terroriste.
« Parmi plusieurs actions qui me sont reprochées, il y a celle devant l’usine BASF à Genay près de Lyon, le 4 mars 2022, explique encore Aldo. Nous avions été sollicités pour cette action en tant que non-violents, sans entrer sur le site pour ma part et sommes repartis dès que les lacrymogènes ont commencé à tomber. Je n’ai pas été interpellé ce jour-là, mais il y avait des photos. Avec les Faucheurs,…
Auteur: Guy Pichard
