« Assistanat », « Remigration », « Grand remplacement », « Volonté du peuple ». Les origines historiques de ces mots, emblématiques du lexique de l’extrême droite et de la droite conservatrice contemporaines en France et en Europe, remontent notamment à la pensée nazie, dont le langage est étudié par de nombreux historiens et linguistes.
Parmi eux, l’écrivain et traducteur Olivier Mannoni alerte sur la dégradation du langage politique et la normalisation croissante de mots et d’expressions hérités du fascisme. Dans son livre Coulée Brune : Comment le fascisme inonde notre langue, celui qui a passé huit ans à traduire Mein Kampf, le pamphlet antisémite d’Adolf Hitler, démontre que certains des éléments de langage fétiches des cadres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) infiltrent aujourd’hui les discours de nombreux leaders d’extrême droite, en France et dans le monde.
Dans un entretien avec Mediapart en octobre 2025 et avec France Info en août dernier, Olivier Mannoni livre une démonstration frappante, s’appuyant sur des termes désormais fréquemment employés pour répandre une idéologie nationaliste, raciste et xénophobe.
« Assistanat » : le virage idéologique de Marine Le Pen
Depuis les années 2010, le mot est si fréquemment employé par l’extrême droite, la droite conservatrice et le centre pour stigmatiser les bénéficiaires d’aides sociales qu’il semble presque devenu banal. Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez avaient été parmi les premiers à populariser le terme, ce dernier n’hésitant pas à parler de l’assistanat comme d’un « cancer de la société française » dans une interview sur Europe 1 en mai 2011.
Il s’agit pourtant d’un mot « extrêmement dangereux », explique Olivier Mannoni auprès de France Info. « Avant tout parce qu’il a également des racines historiques : parmi les gens qui ont été…
Auteur: Emma Vinzent
