L’ESSENTIEL
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Depuis 1944, les États-Unis bénéficient, selon une expression de Valéry Giscard d’Estaing, d’un « privilège exorbitant » grâce au dollar en tant que première monnaie internationale.
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Une étude questionne ce privilège tout en anticipant sa prochaine disparition, avec des conséquences majeures sur l’économie mondiale.
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Car si le dollar reste encore la première monnaie internationale, l’euro ou le yuan se tiennent en embuscade.
La hausse récente des taux d’intérêt aux États-Unis – les taux à 10 ans ont dépassé les 5 % la semaine du 14 septembre dernier, une première depuis la crise financière de 2008 – est-elle le signal de la fin du « privilège exorbitant » des États-Unis ?
Le « privilège exorbitant » est une expression utilisée pour la première fois par Valéry Giscard d’Estaing, en 1965, pour dénoncer la position dominante du dollar dans le système de Bretton Woods. Elle désigne l’avantage unique dont bénéficient les États-Unis grâce à l’utilisation internationale de leur monnaie.
À cette époque, le dollar est la seule monnaie convertible en or et les autres monnaies nationales doivent fixer leur parité par rapport au dollar – ce que l’on appelle des taux de change fixe. Le dollar, monnaie internationale par excellence, conférait aux États-Unis un avantage considérable ; ils pouvaient financer leur déficit commercial dans leur propre devise, ce qui leur permettait d’avoir un déficit « sans pleurs », selon l’expression de Jacques Rueff, ancien ministre d’État.
Cependant, la fin du système de Bretton Woods n’a pas mis un terme à la domination du dollar, bien au contraire. Comme le soulignait l’économiste Barry Eichengreen en 2011, en l’absence de concurrents sérieux, le dollar a continué à remplir les trois fonctions d’une monnaie internationale – moyen de paiement, unité de compte et réserve de valeur – et ce, malgré la…
Auteur: Michel Dupuy, Professeur d’économie internationale, Université de Bordeaux
