Que feriez-vous, si vous étiez journaliste et que des membres du gouvernement vous ajoutaient par erreur dans un fil de discussion sur une application de messagerie, vous donnant ainsi accès à des informations classifiées (par exemple le plan d’attaque détaillé d’un pays tiers) ? Ce n’est pas un scénario très courant, et il n’est pas étudié en école de journalisme, mais c’est pourtant le dilemme auquel a dû faire face le rédacteur en chef du magazine étasunien The Atlantic, Jeffrey Goldberg.
Dans un article retentissant publié lundi, le journaliste raconte comment « l’administration Trump lui a accidentellement envoyé ses plans de guerre par SMS ». « Je savais deux heures avant que les bombes ne commencent à tomber que le Yémen allait être bombardé [le 15 mars]« , écrit Goldberg. « La raison pour laquelle je le savais, c’est que le ministre de la défense, Pete Hegseth, m’avait envoyé le plan d’attaque, à 11 h 14. Il incluait des informations précises sur les armes, les cibles, et le déroulé des bombardements. »
L’administration Trump n’a bien sûr pas choisi de reconnaître ses erreurs, et a nié férocement.
En recevant une notification l’informant de son ajout dans une discussion sur l’application Signal, le journaliste explique n’avoir d’abord pas cru à l’authenticité de ces discussions, qui incluaient 18 hauts gradés de l’administration Trump, dont le vice-président J.D. Vance et le fameux Pete Hegseth, un ancien chroniqueur de Fox News. Mais deux heures après le message de Hegseth détaillant l’opération militaire prévue au Yémen contre les rebelles chiites houthistes, la capitale Sanaa était bombardée par l’armée des États-Unis.
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Auteur: Pauline Bock

