Des arrestations et des gardes à vue pour de simples vidéos ? Une influenceuse enfermée sur la base d’accusations de «terrorisme» uniquement pour avoir diffusé des messages politiques ? Ce n’est pas dans la Russie de Poutine, mais dans la France de Macron.
Plusieurs médias annonçaient le 27 octobre que la créatrice de contenus Manon Delcourt avait été interpellée, puis placée sous contrôle judiciaire, après la publication de plusieurs posts en septembre et en octobre dans le cadre mouvement de la jeunesse.
La jeune femme compte 147.000 abonnés sur Instagram et près de 190.000 abonnés sur TikTok. Elle a été arrêtée à l’aéroport d’Orly le 22 octobre pour «provocation directe à un acte de terrorisme au moyen d’un service de communication au public en ligne». Une qualification gravissime, qui n’a finalement pas été retenue par le Parquet de Paris. Mais le niveau des accusations contre elle fait frémir et c’est justement le but : on accuse des internautes de terrorisme pour avoir simplement donné leur avis. Voici le genre de propos «terrifiants» que Manon Delcourt a prononcé : «On a toute la nation située entre 14 et 18 qui est en train de se soulever contre un système inégalitaire, injuste et meurtrier. C’est leur avenir qui était brisé, ce n’est pas quelques devantures et quelques poubelles qui coûtent à peine quelques centaines d’euros qui vont y changer quelque chose». Voilà ce que le régime tente de criminaliser.
Dans une story, l’influenceuse expliquait après sa sortie de cellule dimanche dernier avoir passé plus de 26 heures de garde à vue : «J’ai également passé une nuit avant de rencontrer le procureur et le juge» et ajoutait que «ce sont les 48 heures les plus sordides de mon existence».
Finalement, la justice va la poursuivre pour des publications «susceptibles d’inciter à la violence lors des manifestations lycéennes». En attendant son procès…
Auteur: B
