En 2015, douze personnes, parmi lesquelles les dessinateurs Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Philippe Honoré payaient de leur vie, la publication, dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, des caricatures du prophète Mahomet. Cinq ans après, Samuel Paty sera assassiné lui aussi par un islamiste pour avoir présenté ces caricatures à ses élèves. « Il y a eu un avant et un après 2015. C’est à cette époque que l’Education nationale s’est tournée vers nous car elle était submergée de réactions hostiles à ces caricatures de la part de certains élèves », explique Mykaïa, dessinateur de presse, membre de « Cartooning for Peace », un collectif de dessinateurs internationaux, fondé par Plantu et l’ancien secrétaire général des Nation unies Kofi Annan. Devant les collégiens et lycéens, Mykaïa s’attache à rappeler les « fondamentaux de son métier. « Le dessin de presse se base sur l’actualité. S’il y a des attentats islamistes ou des prêtres pédophiles, c’est notre métier d’en parler. Ça ne veut pas dire que tous les musulmans sont terroristes ou que tous les prêtres sont pédophiles. Nous prenons aussi la liberté de rire de choses qui ne sont pas drôles. Et dans une démocratie comme la France, nous avons gagné le droit de nous moquer du sacré », explique-t-il.
En effet, le droit de caricaturer s’appuie sur l’un des principes fondamentaux de la République, à savoir la liberté d’expression. Une…
Auteur: Simon Barbarit

