Un homme assassiné à Trappes, sept personnes blessées dont une enfant. Des appels à organiser des guets-apens mortels contre des livreurs noirs et arabes. Quel point commun ? Depuis des années, l’extrême droite désigne les immigrés et les musulmans comme des ennemis de l’intérieur et leurs quartiers comme des territoires à reconquérir, tandis qu’une partie des médias et du pouvoir politique contribue à banaliser ces discours. Jusqu’où faudra-t-il laisser faire ?
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Le 23 octobre, Kevin Tessier ouvre le feu à Trappes. Il reconnaît avoir ciblé des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou nord-africaines. Il avait choisi Trappes parce qu’il considérait cette ville comme un « repaire d’islamistes », reprenant les éléments de langage de Jordan Bardella notamment.
Fin octobre, des enregistrements de discussions tenues début octobre sur X sont rendus publics : des individus y évoquent des guets-apens pour assassiner des livreurs noirs ou arabes, ainsi que des attaques contre des musulmans.
Deux affaires distinctes mais une même logique de déshumanisation : des êtres humains deviennent des cibles en raison de leur origine ou de leur religion supposée. Mais comment en arrive-t-on à considérer une partie de la population comme un ennemi à éliminer ?
La haine raciste ne sort pas de nulle part
Dans des conversations privées révélées par Mediapart, Kevin Tessier exprimait son soutien à Marine Le Pen et sa conviction d’être « envahi » par les étrangers. À son domicile, les enquêteurs ont retrouvé des autocollants qu’il avait lui-même fait fabriquer, portant notamment la mention « Vive la France, RN, Fier d’être français ». Après avoir vivement dénoncé une première information erronée concernant des tracts du RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont montrés beaucoup plus discrets face à cette…
Auteur: Elena Meilune
