L’ESSENTIEL
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Survenu le 23 octobre 2026 lors de l’attentat raciste de Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, l’assassinat de Pengo Bossio Wangi n’est pas un acte isolé.
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Il s’inscrit dans l’histoire des crimes racistes perpétrés en France par des membres de groupuscules néonazis depuis les années 1980.
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Des gangs noirs, comme les Black Dragons, les ont affrontés au cours des années 1980 et 1990. Le père de Pengo Bossio Wangi, Boléma, appartenait à ce groupe.
« L’âme d’un guerrier » : cette formule peut surprendre pour évoquer un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, assassiné à Trappes (Yvelines), le 23 octobre 2026, par Kevin T., 39 ans. Ce dernier, après avoir tiré 128 cartouches au pistolet-mitrailleur sur des personnes visées parce qu’identifiées comme noires, arabes ou musulmanes, a été arrêté puis mis en examen pour assassinat et tentative d’assassinat terroriste à caractère raciste.
Son escapade meurtrière a fait un mort et sept blessés, dont une fillette de 12 ans. Elle a de surcroît traumatisé les villes de Trappes et de La Verrière, où le tireur a sévi, ainsi que la nation tout entière ; c’est du moins ce qu’a voulu dire le chef de l’État lors d’une déclaration controversée, où il a semblé découvrir qu’en France le racisme tue.
Pourquoi invoquer l’âme d’un guerrier ? Pas seulement parce que Pengo Bossio Wangi était un combattant passionné d’arts martiaux mixtes (MMA), mais parce que son meurtre constitue le dernier acte en date d’une guerre moins silencieuse que silenciée : celle que certains groupes héritiers des immigrations africaines et antillaises ont menée par nécessité contre l’extrême droite et le racisme. Les proches de Pengo Bossio Wangi en font partie ; son père, Boléma, est un vétéran des Black Dragons : une famille de rue parfois assimilée à un gang, formée au milieu des années 1980 par de jeunes hommes noirs…
Auteur: Jérôme Beauchez, Sociologue et anthropologue, Université de Strasbourg
