Attentat raciste à Trappes et responsabilité médiatique : un déni ad nauseam

Le climat politico-médiatique était déjà explosif depuis le début de la campagne présidentielle et les mobilisations sociales en cours depuis plusieurs semaines. Mais depuis l’attentat terroriste raciste et islamophobe de Trappes et La Verrière faisant un mort et cinq blessés, vendredi 23 octobre, tout s’est accéléré. Jusqu’ici, les médias audiovisuels ont eu du mal à formuler les bons mots, mais ont aussi souvent invisibilisé les victimes, et surtout évoqué l’affaire davantage comme un fait divers que comme ce qu’il est : un attentat qui plonge une grande partie du pays dans le choc, la colère et la peur.

Comment peut-on laisser prospérer cette parole matin, midi et soir sur tous les plateaux et croire qu’elle n’aura pas d’effets sur la vie réelle ? 

A. Rabeh

Un sujet a surgi comme un boomerang, toute la semaine, sur les plateaux télé : la responsabilité des médias, et des chaînes d’info en particulier. C’est le maire de Trappes lui-même, Ali Rabeh, qui l’a pointée dès le vendredi soir sur le plateau de BFM, dans un échange avec la présentatrice Alice Darfeuille et l’ancien directeur de Libération, Laurent Joffrin.

Sur le même sujet : Dossier : Trappes : « Vos mots, nos morts »

Un franc-parler, guidé par la colère et la tristesse qui visait juste (avant même que l’on n’apprenne sur Mediapart, via le témoignage de ses proches, que le tueur, Kevin T. écoutait « beaucoup trop les chaînes d’info » et reliait « tout à l’immigration, comme le font [Éric] Zemmour, [Marine] Le Pen ou [Pascal] Praud ») : « C’est aussi sur ces plateaux que se fabrique le discours idéologique qui permet à des personnes comme ce monsieur de planifier leurs attentats en considérant qu’ils doivent faire la guerre contre un ennemi de l’intérieur » ; « Comment peut-on laisser prospérer cette parole matin, midi et soir sur tous les plateaux et croire qu’elle n’aura pas…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Élodie Safaris