PRÉAMBULE :
« Avant la fin de l’année » avais-je parié avec Dédé (prénom d’emprunt). « Chiche » qu’il m’a répondu, le con. Et croyez-moi, il va raquer le Dédé. D’abord parce que j’en ai marre de gagner à tous les coups et de ne jamais rien empocher en retour. Ensuite, j’en ai marre d’être son « ami communiste avec qui on peut discuter » alors que je ne sais même pas si je le suis, même si ça ne me gênerait pas plus que ça de l’être. Ce faisant, il croit me rendre service en « tempérant mon extrémisme » alors que je pense au contraire que c’est grâce à moi qu’il a quelques pépites de savoir utile dans un cerveau par ailleurs disponible 24/24h et 7/7j.
Dédé se pense « progressiste » et « libéral » et « informé » alors qu’il lit Le Point et regarde Cnews. Je l’accuse d’être de droite et lui se défend en disant qu’il vote socialiste. Alors, quand je lui rétorque « C’est pareil, j’ai encore raison », il a ce regard perdu accompagné d’un « pourquoi tu dis ça ? » qui me fend le coeur et du coup je me sens obligé de lui payer un coup à boire. En y réfléchissant, je me demande si ce n’est pas une stratégie de sa part pour boire à l’oeil et pour m’arnaquer. Du coup, c’est bien possible qu’il soit de droite et vote socialiste.
* * * *
Ca faisait un bon bout de temps qu’on se le disait entre nous – le « nous » étant ceux qui suivent l’actualité – sans savoir quand, où, par qui ni comment. Mais on le sentait venir. On le savait venir.
Pas besoin d’être un génie en fait. En partant du constat que « plus nos réactions sont prévisibles et plus nous devenons manipulables » – le « nous » ici étant l’opinion dite publique – il y a un glissement naturel de envisageable à prévisible à probable pour aboutir à certitude. Tôt ou tard, quelqu’un, quelque part, le fera. Et chaque fois que nous réagissons « comme prévu » à ce…
Auteur: Viktor DEDAJ

