Dans le sud du Bénin, des sommes considérables peuvent être dépensées par les familles des défunts afin de rendre un dernier hommage à leurs proches disparus. L’importance de ces funérailles révèle de multiples enjeux d’ordre affectif, social et économique.
Samedi après-midi. Sur une placette villageoise, dans la cour d’une « maison familiale » ou dans une rue bloquée pour la circonstance, quelques dizaines de convives mangent, boivent et discutent avec animation au son de la musique locale du moment et de quelques classiques de la chanson béninoise. Un poster grandeur nature du défunt est affiché sur un mur.
Dans les maisons voisines, des scènes analogues. Les sonos s’entremêlent, des invités circulent entre cours et maisons. Partout, ce sont accolades et retrouvailles plus ou moins démonstratives. Des femmes de la famille ou du quartier, ou un « service traiteur » s’affairent en cuisine. Des jeunes gens, portant le tissu choisi pour la circonstance, circulent entre les tables ou les rangées de chaises pour assurer le service.
Nous sommes au cœur d’une réception funéraire, moment qui draine l’assistance la plus nombreuse et lors duquel les endeuillés ont à cœur de prendre en charge une foule de parents proches et plus éloignés, de voisins, d’amis venus parfois de fort loin, de collègues, de coreligionnaires éventuels, et de connaissances d’ordres divers.
Des funérailles en grande pompe
Dans le Bénin méridional comme dans d’autres régions d’Afrique subsaharienne, les funérailles sont des moments cruciaux de la vie sociale qui mobilisent des ressources importantes. Performances ostentatoires à certains égards, ou « démonstrations de force » comme on dit parfois localement pour évoquer des funérailles particulièrement prodigues, elles ne s’y laissent pourtant pas réduire.
En fait, elles donnent souvent à voir des investissements inséparablement affectifs et économiques….
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Auteur: Joël Noret, Professeur d’anthropologie, Université Libre de Bruxelles (ULB)

