L’ESSENTIEL
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Le Brésil est secoué par le scandale Banco Master, une vaste affaire de fraude bancaire aux ramifications politiques et judiciaires.
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L’affaire met en lumière les profondes tensions entre la présidence, le Congrès et la Cour suprême.
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À quelques semaines de la présidentielle, le scandale pèse sur la campagne et fragiliser encore la démocratie brésilienne.
Dans la nuit du 17 novembre 2025, des agents de la police fédérale brésilienne ont interpellé le banquier Daniel Vorcaro sur le tarmac de l’aéroport de Guarulhos, à São Paulo, alors qu’il s’apprêtait à monter à bord d’un jet privé. D’abord placé en détention en raison d’un risque de fuite, il a été arrêté quelques mois plus tard et inculpé de plusieurs chefs de fraude bancaire, de corruption et de blanchiment d’argent. Il est aujourd’hui dans l’attente de son jugement.
À moins d’un mois des élections nationales au Brésil, qui auront lieu les 4 et 25 octobre 2026, ce que l’on appelle désormais la « crise de Banco Master » menace d’ébranler la démocratie du pays jusque dans ses fondements.
À première vue, il ne s’agissait que d’un scandale financier. Peu après l’interpellation de Vorcaro, la Banque centrale du Brésil a ordonné la liquidation de sa banque, Banco Master, avec des pertes d’une ampleur inédite, estimées à 47,3 milliards de réaux (environ 8 milliards d’euros). Près de 90 % de cette somme a été remboursée aux titulaires de comptes et aux actionnaires par le Fonds de garantie des crédits (FGC) – l’équivalent brésilien du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) français » –, soit le plus important remboursement de l’histoire de cette institution.
Le système financier brésilien a été mis sous pression. Depuis 2018, Banco Master avait signé des contrats pour gérer les fonds de retraite d’États et de municipalités et fournir des services à des établissements…
Auteur: Guilherme Casarões, Associate Professor of Brazilian Studies, Florida International University
