En France, les mobilisations contre les méga-bassines témoignent d’une prise de conscience écologique et sociale grandissante: « L’eau, sang vital de notre planète est un droit, pas un privilège. ». Le Chili expérimente depuis 1985, bassines et retenues d’eau à ciel ouvert. Bilan : un cycle naturel de l’eau altéré et une privatisation par les grands agriculteurs. Cet échec devrait, selon le Collectif des scientifiques en rébellion, guider nos choix …
Un article signé Marion Esnault dans Reporterre du 25 novembre 2022 …

Retenues d’eau dans la province de Petorca, Chili. – © Claudio Reyes / AFP
À Petorca, à 200 kilomètres au nord de Santiago-du-Chili, de grandes bassines d’eau jalonnent les plantations verdoyantes d’avocats destinés à l’exportation. Depuis une dizaine d’années, la province est considérée comme « zone de catastrophe pour pénurie d’eau ». Autour de ces retenues d’eau et de ces tâches vert foncé, le paysage méditerranéen de garrigue provençale d’il y a quinze ans a disparu. Aujourd’hui, seuls les cactus survivent. Le climat est devenu désertique. La rudesse de la « mégasécheresse » a fait perdre une grande partie de leur bétail aux petits éleveurs. Depuis 2012, la plupart des habitants reçoivent par camion-citerne 50 litres d’eau potable par jour et par personne.
Avec ses 1 200 fleuves et 3 500 glaciers perchés dans les Andes, le Chili est la troisième réserve mondiale d’eau douce. Et pourtant, il est aussi parmi les vingt pays au monde qui subissent le plus haut stress hydrique : les ressources en eau disponibles sont inférieures à la demande. Estefanía González, coordinatrice chez Greenpeace, explique que « le problème de l’eau n’est pas seulement dû à la sécheresse et au changement climatique, mais aussi à la manière dont l’eau est gérée. Seulement 2 % sont utilisés pour l’eau potable ». Depuis la dictature de Pinochet,…
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Auteur: Claude Morizur

