Au Chili, victoire contre le mégaprojet de la « Minera Dominga » …

  • Santiago (Chili), correspondance

Le village de pêcheurs de Punta de Choros, dans le nord du Chili, est un petit coin de paradis de la côte pacifique face à l’archipel qui abrite la Réserve nationale des manchots de Humboldt. La région vit essentiellement de la pêche et du tourisme. On y vient pour observer les très nombreuses espèces d’animaux marins, telles que les baleines bleues, les dauphins et les lions de mer. Mais cette faune est menacée par un immense projet minier de la compagnie Andes Iron.

Celui-ci devrait comprendre un complexe industriel comportant une mine de fer et une mine de cuivre à l’intérieur des terres, mais également un port, une usine de transformation, et une usine de désalinisation afin de puiser l’eau nécessaire à la production. La mine de Dominga serait la plus grande jamais ouverte au Chili. Avec un investissement de 2,5 milliards de dollars, elle représente une promesse de milliers d’emplois. Cependant, son impact environnemental est extrêmement préoccupant et des soupçons de corruption ont entaché le projet depuis ses débuts en 2011. Un coût qui parait disproportionné quand l’on sait que le potentiel d’exploitation estimé de la mine n’est que de 22 ans.


Les installations industrielles de la mine de Dominga se trouveraient à seulement 30 km de la réserve des manchots de Humboldt.

« Ces projets vont causer des dommages irréversibles dans la région et ce n’est en fait qu’un point de départ avant une amplification d’activités industrielles », dénonce Liesbeth van der Meer, vice-présidente de l’ONG Oceana au Chili. L’organisation, qui travaille à la protection marine, a mené une étude qui conclut que la compagnie minière sous-estime l’impact sur les écosystèmes, notamment liés à l’augmentation du trafic maritime qui interférerait avec les routes migratoires des baleines, sans parler des risques de pollution.

Le cuivre représente près de 50 % des exportations chiliennes

Ces dernières années, des opposants locaux et l’ONG Oceana ont mené une campagne d’opposition au projet, avec des pétitions et des manifestations. Et ils viennent de gagner une première bataille. En effet, alors que les travaux devaient commencer en mars, la commission régionale d’évaluation environnementale du comté de Coquimbo vient de rejeter le projet. La compagnie minière Andes Iron a cependant annoncé son intention de faire appel auprès du Comité des ministres pour le Développement durable.

Le gouvernement de la présidente Michelle Bachelet se…

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Auteur: Claude Morizur

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