Paul Haupterl discute le livre de Nastasia Hadjadji : No crypto. Comment Bitcoin a envoûté la planète, paru en 2023 aux éditions Divergences.
Les crypto-monnaies ont eu quinze ans. Depuis ce 31 octobre 2008 où le mystérieux Satoshi Nakamoto publie le white paper fondateur du Bitcoin (Nakamoto 2008), elles se sont démultipliées. Elles reposent sur une technologie appelée la blockchain, qui est essentiellement un « vaste registre numérique permettant d’enregistrer l’intégralité des transactions[1] pour en conserver l’historique et la traçabilité » (p.9).
La nouveauté tient aux modalités de tenue de ce livre de compte : plutôt que de recourir aux « serveurs privés d’une banque commerciale » (p.9), centralisant les informations et garantissant l’intégrité du registre, « ce livre de compte […] est public, c’est-à-dire téléchargeable par tous et accessible en permanence » (p.9). Par ailleurs — et surtout — l’inscription de nouvelles transactions au registre se fait également de façon décentralisée, par le biais d’un mécanisme de consensus dont la version la plus connue est la « preuve de travail » du Bitcoin, renommée par les crypto-critiques « preuve de gaspillage » en raison de son coût écologique (p.92).
Leurs défenseurs présentent la blockchain, comme une promesse de liberté par la décentralisation. Il s’agirait de protéger les individus du Big Government et de la Big Finance, dont la collusion a éclaté aux yeux de tous lorsque le premier a renfloué sans condition ou presque la seconde lors de la crise de 2008, tout en en présentant la facture aux peuples. Leurs détracteurs, à l’inverse, soulignent combien il y a loin entre les idéaux des crypto-enthousiastes et la réalité d’une industrie — a minima — extrêmement concentrée, parasitique et dangereuse pour l’environnement.
Son titre ne laisse pas de place à l’équivoque : No crypto de Nastasia…
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Auteur: redaction

