« Il y a un bouleversement climatique, personne ne peut le nier. » Quiconque s’amuserait à deviner l’auteur de cette citation risquerait d’y passer la nuit, sans y parvenir. Autant lui épargner ce mal : la réponse est… Philippe Ballard. Le 1er juillet, ce député du Rassemblement national (RN) se lamentait sur le sort des écoliers confinés dans des classes en ébullition. Les pensées climatosceptiques des élus d’extrême droite avaient-elles fondu sous les températures suffocantes de la canicule de juin ? Pas tout à fait.
Les petits soldats de Marine Le Pen ont seulement changé de stratégie. Terminé le « rien ne prouve l’effet de serre du CO2 » qu’osait encore prononcer un député du Territoire de Belfort en 2019. Ces sorties de route ont perdu toute crédibilité tant les répercussions de la crise climatique sont devenues impossibles à ignorer. L’été 2025, troisième plus chaud jamais enregistré en France, a été le théâtre d’incendies et de canicules historiques.
Dès lors, plus question pour le RN de nier l’indéniable. Place, en revanche, à la démagogie : « Chaque hectare de terre brûlée, chaque maison ravagée par les flammes devient pour eux du pain bénit, analyse le politologue Stéphane François, professeur de sciences politiques à l’université de Mons, en Belgique. Leur seul objectif est de pointer l’incapacité d’Emmanuel Macron à résoudre la crise climatique. Une stratégie identique à celle utilisée du temps de Jean-Marie Le Pen. »
À fond la clim’
Les hostilités ont débuté dès le mois de juin. Au cœur de l’épisode caniculaire — durant lequel au moins 480 morts « en excès » ont été recensés —, Marine Le Pen s’est fait le chantre du technosolutionnisme : « Il est grand temps que la France déploie un grand plan d’équipement pour la climatisation », soupirait-elle sur le réseau social X, le 30 juin. Une mesure qu’elle promet…
Auteur: Emmanuel Clévenot, Laure Noualhat

