Les violences sexuelles perpétrées par le chirurgien, Joël Le Scouarnec, ou par des personnels de l’établissement scolaire à Bétharram, ne devraient pas être comprises comme des exemples épars de crimes commis par certains adultes. Elles s’inscrivent dans un continuum, de la même manière qu’un féminicide arrive au bout du violentomètre, ce spectre des violences commises dans un couple.
Cela implique d’envisager ces violences d’après leur attache sociale avec le monde. Ce monde, tel qu’il est organisé, permet ces violences. Il les banalise, n’écoute pas, ou si peu les victimes concernées, et préfère oublier ce qu’elles ont subi en désignant ces assauts comme des faits exceptionnels accomplis par des individus marginaux.
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Un exercice mensonger, puisque comme l’a mesuré l’enquête Virage, près de 20 % des femmes et 15 % des hommes ont subi soit des violences psychologiques, physiques ou sexuelles avant 18 ans. Ces violences sont en majorité commises par des personnes proches de la victime.
Dans ce violentomètre figurent aussi les 160 000 violences sexuelles commises sur des enfants tous les ans, tout comme celles infligées dans l’Église – « 13 par jour », indique Arnaud Gallais, fondateur de Mouv’Enfants et ancien membre la Commission indépendante sur l’inceste et les violences faites aux enfants (Ciivise). Tout comme la manière dont ces violences sont enfouies sous le tapis, comme le montre l’anthropologue Dorothée Dussy, qui étudie les « procédés de légitimation du silence à l’échelle des sociétés et des institutions » (1).
Le berceau…
Auteur: Hugo Boursier

