Au-delà des calories, comment le « vrai » régime paléo révèle l’humain derrière l’animal

Peut-on vraiment considérer les humains comme des animaux lorsqu’il s’agit de comprendre leurs modes de vie passés ? Cette question peut sembler provocatrice, mais elle est au cœur d’un débat académique entourant l’application de la théorie de l’approvisionnement optimal (TAO), ou optimal foraging theory en anglais, à l’étude des sociétés humaines.


La quête de nourriture est une activité fondamentale pour tout animal. Elle représente non seulement un moyen de survie, mais aussi un levier pour la reproduction et le maintien d’autres activités vitales. Lorsqu’un animal cherche à se nourrir, il est confronté à divers choix, ce qui pose une question clé : quelle ressource choisir parmi celles disponibles dans son environnement ?

Développée dans les années 1960 par des écologues évolutionnistes tels que MacArthur, Pianka, et Emlen, la théorie de l’approvisionnement optimal (TAO) postule que les animaux, humains compris, optimisent leur quête de nourriture pour maximiser leur efficacité énergétique. Ce concept trouve un écho contemporain dans la popularité du « régime paléo », un régime inspiré des pratiques alimentaires supposées de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, qui repose sur l’idée que ces derniers privilégiaient les ressources les plus énergétiques et nutritives pour leur survie.

Mathématiquement, il s’agit d’obtenir le plus grand rapport possible entre l’énergie acquise et les coûts en temps associés à la quête de nourriture. Plus précisément, le but de l’animal est d’obtenir une combinaison de ressources animales et végétales qui minimise à la fois le temps de recherche, de poursuite, de capture et de traitement de celles-ci (le traitement concerne par exemple la préparation de la carcasse, l’extraction du miel d’une ruche), tout en maximisant l’énergie gagnée, c’est-à-dire les calories, issue de leur consommation. Par exemple, face au choix entre…

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Auteur: Samuel Seuru, Docteur en anthropologie – Chercheur postdoctoral, Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique – LAMPEA – Aix Marseille Université – CNRS – Ministère de la Culture, Aix-Marseille Université (AMU)

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