Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique mensuelle, elle livre astuces et réflexions, parce que jardiner… c’est politique.
Ça y est, j’ai enfin sorti toutes mes petites pochettes. Elles sont fabriquées façon origami, pliées dans des feuilles de brouillon, et annotées de manière parfois énigmatique : « Valencia 23 », « Marocaine 24 », « Géorgie 19 ». Non, ce ne sont pas mes photos de vacances. Si je voyage, c’est avec mes tomates, dans les travées de mon potager.
Début mars, je les sème. Je dispose les graines dans de petits godets de toutes les couleurs et dans des pots de terre. Avec des étiquettes partout. J’essaye d’être raisonnable. Je n’y arrive pas. Chaque année, la liste s’allonge. J’atteins ce printemps 30 variétés différentes. Il y a celles pour le coulis : les grosses charnues (mais qu’on adore aussi en tartes et salades) qui arrivent tard en saison. Les précoces, plus petites et juteuses. Les noires, les jaunes, les orange, les vertes. Celles pour les enfants et l’apéro. Celles de taille moyenne, idéales pour les farcis.
Ma collection de tomates ne cesse de s’agrandir. Cela fait huit ans que, chaque été, je garde des graines des variétés qui ont le plus produit. Ou celles qu’on a trouvées particulièrement goûteuses. Ou les nouvelles, qui ont juste pour qualité d’être d’une taille, d’une couleur que l’on n’avait pas encore. Voilà que je me mets même à créer des sous-variétés. Par exemple, les « Géorgiennes », semées chaque année depuis 2018. Il y a déjà les roses et les rouges. Et nous commençons à séparer les « grosses » des « moyennes ». Les « noires de Crimée » aussi ont différentes provenances. Celles de Michel sont prolifiques, mais plus petites que celles de Magali.
« À force, je sais comment elles se portent »
Rien de plus facile que de reproduire des…
Auteur: Marie Astier

